SEUL CONTRE TOUS

  SEUL CONTRE TOUS

Le Wagon privilégié par sa situation touristique avec le casino, aucun d'entre nous ne pouvait prétendre posséder cette dérogation d'ouverture tardive. Le soir même j’appris que le commissaire en question était attablé avec la femme de M.C, mes ex patrons et associés la veille de cette descente. Pour moi son retour de veste et sa corruption n'était plus une fiction et la grande cabale contre ma personne allait commencer...

Seul contre tous...Seul contre tous...Je ne perdais pas mon temps à avancer des arguments de bonne foi face à des gens de mauvaise foi .

Un mois après cette première tentative d'intimidation d'autres avaient suivies, un soir un policier en tenue qui venait se rincer gratuitement chez nous est entré brutalement dans le club sous prétexte qu'il y avait une mineure en fugue et qu'il était là pour un contrôle. Voyant qu'il n'était pas sobre, je lui avais rétorqué que pour ce type d'opération, la brigade des mineurs existait et je l'avais raccompagné à la porte de sortie. La nuit d'après, il était revenu en civil et me cherchait des broutilles afin de déclencher ma colère ce qui arriva car pour moi, s'en était trop il faisait du zèle sûrement dopé par son commissaire ripoux. Après avoir fermé la discothèque et, alors que je me détendais devant mon café au salon de thé du Dragon, une brigade est venue me chercher menottes aux mains comme un vulgaire bandit pour une garde à vue, c'était un 24 décembre et je n’ai pu être relâché qu'après une intervention devant le préfet où nous avions expliqué qu'il y a eu abus de pouvoir, ce qui n'avait pas empêché le commissaire en question d'enfoncer le clous en me faisant présenter en justice pour outrage à agent mais s’était peine perdu car l'agent en question n'était pas en service pour sa deuxième tentative d'intimidation et le juge me condamna pour un franc symbolique par le fait que j'avais employé le mot poulet, un mot, comme je lui avais expliqué, qui existe dans le dictionnaire mais il n’entendit rien.

Les descentes étaient fréquentes et, pour me parer à d'autres contrôles de mineurs, j'avais demandé à tous les jeunes une autorisation parentale. Bien que 80% d'entre eux étaient des enfants de notables, tous avez répondu positivement à notre demande et nous leur en remercions encore car sans ces autorisations, nous aurions été fragilisés. Les intimidations policières n'ayant eu aucun effet tant sur mon moral de battant que sur le plan judiciaire, d'autres coups bas des DC allaient suivre.

La Mairie avait prit le relais de cette cabale...

Le Maire de droite de ce temps et le commandant des pompiers étant les oncles des D.C, on me chercha à nouveau des poux là où il n'y en avait pas. Cette fois ci, se fut la Mairie du chef lieu qui déclencha un contrôle des débit d'air et de climatisation. On sonda le bruit et on finit par me faire fermer pour les sièges qui, selon le rapport étaient non appropriés à un incendie. Tout cela devenait ridicule, vu que Le Wagon déserté par nos clients et amis fidèles, n'était elle pourvu d'aucun dispositif d'aération d'air, la climatisation était insuffisante pour une salle de 1000 personnes, il y avait une fuite d'eau juste à côté de l'armoire électrique et la liste des dysfonctionnements était longue..

Le jour suivant le rédacteur en chef de l'époque du Journal  que je remercie encore, avait décidé de me soutenir dans ma bataille, et avait fait paraître un article en grand titre : « JE CRIE A L'ASSASSINAT ». Le jour même le premier adjoint de l'époque m'avait téléphoné pour me proposer un rendez vous et m'avait demandé de ne plus alerter l'opinion publique. Plus tard, j'étais reçu par le Maire qui me demanda de patienter quelques jours pour ouvrir les portes car il ne pouvait plus arrêter les décisions municipales et se décrédibiliser face à ses administrés. 

Le pouvoir de la corruption...

« L'EVASION  » fermée pour une quinzaine de jours sur décret Municipal et ne souhaitant pas laisser notre fidèle clientèle sans l'ambiance de leur club, j'avais conclu un accord avec un autre club qui avait sa particularité certes mais que son ex gérant Dik avait su mener d'une main de Maître. Mais notre apparition sur le marché de la nuit avait bouleversé le secteur de Saint Gilles et du Chef Lieu. Presque tous étaient à genoux et ne pouvaient faire face à la grosse vague du Club « l’EVASION » qui les avaient secouée et l'ex Lord Club cabaret n'avait elle aussi pu résister. Son nouveau exploitant (un métropolitain) n'avait pu redresser la barre. J'avais donc décidé par mon malheur de faire son bonheur par un partenariat. Le transfert de clientèle avec Alix aux platines s'était fait sans secousse et tous avaient accepté cette situation passagère, nous vous en remercions encore . Mais après 15 jours de transit à l'Ex Lord, une fois ré-ouverte « l'EVASION » repartait de plus belle, et le club qui nous avait accueilli s'essouffla de nouveau, 6 mois après il déposa son bilan et son gérant était en cavale.

« L' EVASION » ré-ouverte, moi qui pensais que j'allais enfin connaître un peu de sérénité dans mon travail, je dus de nouveau mettre mes antennes en éveils, car toutes les discothèques qui avaient été secouées étaient passées à l'attaque et, pendant notre fermeture administrative une usine de la nuit du Chef Lieu avait déclenché une parade afin d'attirer une clientèle de jeunes les nuits du Mercredi et, avec 30F, les jeunes filles et garçons pouvaient accéder à l'entrée. Ils firent un carton.

Après une mise au point avec Alix, j'avais décidé de contrer cette concurrence et un partenariat fut signé avec une mutuelle des étudiants. Avec son Président de l'époque , nous avions lancé la première soirée étudiante de l'île de la Réunion à 30 F pour les étudiants et gratuit pour les étudiantes. Le résultat ne se fit pas attendre et l’usine de nuit n'ayant pu résister à la vague, elle mit à son tour ses grains de sel et déclencha des nouvelles pressions mais, après avoir été aguerri, rien ne me faisait plus peur. Je m'étais dit que c'était le monde de la nuit et en acceptant ce métier, je n'avais plus un autre choix que celui d'acérer mes griffes de lion, de me faire abattre ou de me battre toutes griffes dehors.

Mon mental avait changé et avec lui mon caractère s'était endurci ...

 

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