WAGON Redémarre ...

 WAGON Redémarre ...

Les banques, c'est quand il fait beau qu'ils t'ouvrent leur parapluie et à la moindre alerte il le referme aussitôt. Les premiers mois se passa en vitesse de croisière, nous avions pris le large et l’aventure profita du vent qui était en sa faveur pour voguer toutes voiles dehors,

La réussite à son prix .

L'évasion n'avait plus aucune inquiétude à se faire, elle ne cessait de se remplir et les discothèques existantes de Saint Denis à Saint Gilles avaient commencé à battre de l'aile. Le succès à son prix et pour nous cette citation allait prendre tout son sens...

Trois mois après notre ouverture, la Direction de l'hôtel avait commencé à chercher des poux dans notre tête. Avant nous, la discothèque avait existé mais comme elle n'avait point réussie à décoller, elle avait fermée. Maintenant qu'elle était sur rails, elle attirait la convoitise. Un vendredi soir a 22 heures, alors que j'allais ouvrir les portes, je m'étais retrouvé sans lumière. Je décidais d'éclaircir le problème et d'interpeller la gérante de l'hôtel . A la réception, on me répondit qu'elle dînait avec un ami et qu'elle avait donné l'ordre de ne pas la déranger. Cette réponse avait déclenché en moi une telle colère que je déboulais dans le restaurant. A ma question, la gérante m'avait répondu qu'elle dînait et qu'elle ne déclencherait pas le compteur électrique. Sur sa réponse, j'avais décidé de rester porte close et le lendemain, je demandais à son supérieur une réunion. Elle se déroula en la présence de la gérante et de son frère (le P.D.G). Il lui avait remonté les bretelles en lui rappelant qu'il l'avait prévenu que le club risquait de gêner, car il n'était pas insonorisé et de respecter son contrat, car j'exigeais une dédommagement pour perte d'exploitation en cas de fermeture abusive. Le samedi soir, nous avions de nouveau ouvert nos portes et les fidèles n'en démordaient pas et étaient présents. Depuis cet incident tout s'était bien déroulé et le P.D.G. me proposa même un agrandissement, qui ne s'était jamais réalisé.

Entre l'enclume et le marteau il fallait trouver une stratégie...

Afin d'offrir un service de diversité à nos clients, j'avais décidé de reprendre l'espace Le Palmier et de le transformer en complexe avec restaurant, piscine, salles de jeux etc. Je contactais le propriétaire du fond qui m’annonça ses conditions, mais ma banque avait refusé le prêt bien que j'avançais plus de 30% d'apport sous prétexte qu'elle ne finançait pas les discothèques. Cette réponse m'avait surpris sachant que cette même banque avait financé « l'amour» à St Gilles. Nous avions été devancé par le groupe du DIOS qui avait pour projet de créer pour la première fois à Saint Denis une salle de danse pour une capacité de 1500 places. Notre club étant leur voisin de 200 mètres, je savais que nous aurions été en saturation de parking. Un après midi alors que j'ouvrais le club pour sa mise en place de 16 heures, le barman m'avait annoncé que le Directeur du Casino Mr G.... m'avait demandé de lui téléphoner. Je l'appelai et je fus heureux et surpris d'entendre que si je le désirais, dans une semaine il me céderait Le Wagon  mais qu'il avait juste un petit problème à régler ; faire accepter ce fait par les frères DC qui souhaitaient eux aussi reprendre leur fond de commerce et, comme le Casino était en gérance libre, les DC restaient donc prioritaires. Mr G …était persuadé qu'ils allaient se désister, vu qu'il allait leur demander de payer l'investissement du Casino. Je lui avais demandé si les DC étaient au courant qu'il m'avait contacté et sa réponse fût affirmative. Je lui avais dit que jamais ils n’accepteraient de me passer la main, même au prix d'un étranglement et j'avais bien vu ; les DC avaient accepté les conditions du Casino et avaient repris l'exploitation du Wagon dans l'espoir de nous renverser. Mais ils s'étaient renversés eux même et 3 mois après des vaines tentatives pour relancer  , MC et sa mégère, m'avaient rendu visite à l'Evasion. Je les avais invité à boire un verre et c'est là que MC me dit que ce serait bien que je revienne avec eux car nous formions une belle équipe et qu'avec Le Wagon, ils ne savaient plus comment avancer. Après avoir demandé l'avis d'Alix qui me donna son feu vert, je commençais les tractations. Une première réunion fut organisée entre MC, CD et moi même. A l'ouverture des négociations, je leur avais demandé ce qu'ils me proposaient.  Aujourd'hui, j'en ris encore quand je pense qu'ils avaient osé me proposer de reprendre mon poste de chef de bar, alors qu'ils étaient à deux doigts du gouffre et c'était, selon eux un mérite légitime. Je leur avais répondu que selon moi, ils n'avaient pas encore compris qu'ils n'avaient plus aucune marge de manœuvre pour négocier et que dans ce monde, j'avais décidé de progresser et non de régresser et que mon exigence pour que notre accord puisse aboutir, c'était un poste de Direction et 50/50 pour un partenariat gagnant/gagnant. Dans un premier et cour temps les frère DC avaient refusé mes conditions mais, coincés entre nous et le Dios qui avait commencé leurs travaux, ils acceptèrent nos conditions après 2 mois de négociations.

Les signatures sur le contrat, Alix et moi savourions cette victoire ; revenir dans les lieux où nous avions débuté par la petite porte pour ouvrir la grande et associés avec ceux qui nous avaient dénigré, rien n'était pour nous plus savoureux à ce moment là et nous avions fêté notre joie au restaurant.

1984 le WAGON qui redémarre...

Une grosse partie de nos clients qui étaient partis pour leurs études en métropole, fidèles aux deux discothèques que nous avions gérés, nous avions proposé aux frères D.C de communiquer notre « mariage » par un publie-reportage d'une page. Les frères D.C acceptèrent. Radins comme ils l'ont toujours été, je ne m'attendais pas à une réponse positive de leur part. Sans communiquer notre décision et pourquoi ce choix à nos fidèles clients, aurait été suicidaire de notre part, j'avais décidé de payer de notre poche la communication. Le soir où nous avions mis nos pieds AU WAGON comme partenaires des frères D.C, c'était un raz de marée. Dès 22 heures, la file d'attente arrivait jusqu'au bord de la mer   et à minuit nous avions été dans l'obligation de filtrer les entrées. WAGON était sorti de son agonie et les frères D.C était excités comme des gamins qui avaient retrouvé leurs jouets.

A un moment de la soirée, C.D me demanda de rejoindre la piste de danse pour ressentir l'effervescence de la foule mais je refusais car c'était impressionnant. Les félicitations affluaient, mais ce premier mariage allait être de courte durée. Le Wagon, réveillé de son coma et cette nouvelle bouffée d'oxygène, avait réveillé le complexe de supériorité des frères D.C qui avaient mal digéré de se retrouver à égalité avec leurs ex-employés et ils avaient commencé à me chercher des poux afin de reprendre le contrôle à eux seul, persuadés que le Wagon ne pourrait plus dérailler. Une erreur de calcul qui allait leur être fatale.

Une nouvelle  Evasion allait renaître de ses cendres ...

Pendant la période de notre premier partenariat avec les frères D,C plusieurs incidents avaient eu lieu. Un soir, M.C avaient ressenti qu'ils n'avaient plus le même pouvoir que lorsque j'étais leur ex barman et ça l'agaçait. Une vive altercation avait eu lieu entre M.C et moi sur le fait que je l'avais reproché qu'il arrivait trop tard pour prendre son poste à la discothèque et c'est son épouse qui me rétorqua que je devais comprendre une fois pour toute qui commandait le Wagon. Je lui avais répondu que leur temps de patrons qui commandaient leur barman était terminé et j'avais déchiré notre contrat en leur lançant un nouveau défi, celui de les renverser de nouveau. Je quittais donc la discothèque mais comme ils avaient insisté auprès d'Alix pour qu'il reste avec eux et, certain de la force de notre amitié, je lui avais demandé de faire le mort et d'accepter. Le temps pour moi de trouver un nouveau local, il était primordial qu'Alix entretienne notre clientèle. Une stratégie était décidée entre nous, il resta donc à son poste de DJ. Moi, je fus de nouveau libre de mes démarches, bien décidé de ne pas laisser aux frères MC le fruit de mon travail.

Étant un oiseau de nuit, je n'arrivais pas à me coucher avant l'aube et un soir, pendant une de mes virées nocturnes, alors que je descendais vers le Wagon, un Ami qui était DJ de la discothèque du complexe  DRAGON rue Jean Chatel à Saint Denis m'avait invité à boire un verre avec lui dans le club où il évoluait aux platines mais qui était un lieu de mauvaise réputation, que les Dionysiens évitaient. Moi même si le DJ ne m'avait pas invité, je n'aurais à aucun moment franchi sa porte d'entrée. Une fois à l’intérieur après avoir visité la discothèque, j'ai demandé au DJ de me présenter sa direction. Il prit note mais pas sans avoir tenté de me dissuader, car pour lui il fallait être fou pour oser relever ce défi et, le lendemain même un rendez-vous avait été fixé. Roly était la gérante libre de ce complexe qui appartenait à son père.

Une Nouvelle évasion  allait renaître de ses cendres, une grande cabale me ciblera et une rencontre allait basculer toute ma vie...

N'ayant pu trouver une autre accord que d'être associé de fait, ma banque n'avait accepté de nous soutenir en trésorerie de découvert pour un montant de 200.000,00 FF que je m'engageais personnellement à garantir les remboursements. Pour eux, le complexe du Dragon  était trop fragilisé par les guerres judiciaires que menait à cet époque le propriétaire des lieux contre sa fille qui était la gérante libre. Après mon aval, ma banque ayant accepté de me financer. La discothèque ne pouvant être boostée que si elle se refaisait une beauté, je pris l'avion pour Paris afin d'acheter les jeux de lumières qui me revenaient largement moins coûteux. A mon retour, pendant les travaux, j'ouvris les comptes du complexe pour vérification par un expert comptable. L'audit avait confirmé mes doutes ; il y avait un énorme déficit et un énorme trou financier de la caisse. Le gigolo de la gérante vivait au frais de la princesse et se servait dans la caisse comme bon lui semblait. Passionné de sport mécanique il ne se privait pas et habitué des tables de jeux, comme tout ceux qui misent de l'argent au jeu, pour moi, il représentait pour l'avenir du complexe un grand danger et il était à écarter.

En ce temps là mes griffes de lion étaient acérées et pour atteindre mes objectifs rien ne pouvait m'arrêter, j'étais certes à la limite du sans scrupule mais...

A l'ouverture de cette deuxième Evasion, une histoire ambiguë était née entre la gérante du complexe et moi même. Mon instinct de félin m'avait vite fait comprendre, que fille unique pourrie par son père elle aimait dominer ses hommes et pensait que le pouvoir de l'argent pouvait acheter tout le monde et même les sentiments. Elle s'était trompée de cible avec moi, mon seul souci  s'était comment pouvoir prendre le contrôle du complexe afin de ne pas mettre "L'évasion " en danger et mes ambitions ne permettant pas de privilégier l'amour, j'étais resté célibataire sachant qu'aimer pouvait être destructif pour moi, car je ne sais pas aimer à demi mesure...

Les dessous noirs de la vie nocturne réunionnaise...

Pour relancer la nouvelle « Evasion », j'avais convié des amis, mes clients les plus fidèles et les officiels à un cocktail. Tous ceux qui avaient été invités furent présents, sauf le Directeur départemental de la police de l'époque. Mais deux jours plus tard accompagné d'un adjoint, il se présenta pour boire un verre et me rassura en me proposant de venir le voir directement en cas d'embrouille avec des exploitants qui venaient de l’hexagone et qui, selon ses dires, étaient pour la majorité d'entre eux fichés au grand banditisme par interpole. Mal m'en avait pris de croire en sa parole. Vu l’affluence de monde qui avaient suivi l'ouverture du club et le succès un peu trop rapide qui irritait les exploitants des discothèques qui étaient déjà sur pied depuis un certain temps, le monde de la nuit étant ce qu'il est ; un monde de paillette dont l'autre face est sombre. Une semaine après l'ouverture, les files d'attente étant certainement un peu trop longue pour ses yeux et de ceux qui l'avaient corrompu, quoi qu'il en soit un samedi soir il avait débarqué suivi de 3 fourgons de police pour m'ordonner de fermer mes portes à 4 heures, heure légale de fin d'ouverture des établissement nocturnes. Le droit étant pour tout le monde, je lui avais répondu que je ne fermerais que si toutes les autres établissements fermaient car à part le Wagon privilégié par sa situation touristique avec le casino, aucun d'entre nous ne pouvait prétendre posséder cette dérogation d'ouverture tardive. Le soir même j’appris que le commissaire en question était attablé avec la femme de M.C, mes ex patrons et associés la veille de cette descente. Pour moi son retour de veste et sa corruption n'était plus une fiction et la grande cabale contre ma personne allait commencer...

 

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